Les griffures à la crèche : témoignage d’une professionnelle de la petite enfance

Fév 2025 | Sans catégorie

Votre enfant rentre de la crèche avec une griffure sur la joue. Réaction immédiate : inquiétude et agacement. Pourquoi a-t-il été griffé ? Qui est cet enfant qui l’a marqué ? Et pourquoi personne ne l’a empêché ? Pourtant, ces petits incidents sont fréquents en collectivité et font partie du développement des tout-petits. Plutôt que de s’alarmer, il est essentiel de comprendre pourquoi ils surviennent et comment les accepter sereinement.  

En tant que parents, il est parfois difficile de garder le recul nécessaire pour analyser la situation de manière objective. Nous avons donc préféré demander l’avis d’une professionnelle de la petite enfance. Car ce sont ceux qui accompagnent les enfants au quotidien qui sont les mieux placés pour expliquer ces gestes.

Une étape normale de la vie en collectivité  

Les enfants en bas âge découvrent la vie en collectivité : ils apprennent à partager, à interagir, à se faire comprendre, à affirmer leur place. Mais avant de maîtriser le langage, leur seule manière d’exprimer une frustration, un désir ou une émotion intense passe souvent par des gestes instinctifs : mordre, taper, ou griffer. 

Ce n’est ni de la méchanceté ni un problème de personnalité. L’enfant qui griffe ne cherche pas à blesser, il exprime une frustration qu’il ne sait pas encore verbaliser. À cet âge, nous ne sommes pas dans un schéma de harceleur et harcelé, mais dans un apprentissage encore balbutiant du « vivre ensemble ».  

Deux enfants qui jouent

“Plutôt griffé que griffeur ?”  

Beaucoup de parents confient qu’ils préfèrent que leur enfant soit griffé plutôt que griffeur. Pourtant, il est important de ne pas diaboliser ces comportements. L’enfant qui griffe n’est pas plus problématique que celui qui reçoit la griffure. Les équipes en crèche travaillent quotidiennement à canaliser ces gestes en aidant les enfants à exprimer autrement leurs émotions.  

Certaines crèches proposent d’utiliser le langage des signes pour aider les enfants à exprimer leurs besoins et ainsi limiter les griffures. Si cela peut réduire les gestes impulsifs, ça risque aussi de freiner l’apprentissage du langage oral, qui reste essentiel pour communiquer et gérer les frustrations.

Accompagner plutôt que condamner  

Lorsqu’un enfant est griffé, les parents peuvent parfois ressentir de la colère, envers le griffeur, ses parents, ou encore l’équipe encadrante. Pourtant, l’enfant qui griffe n’est pas “coupable”, il est simplement en apprentissage. Il est aussi important de considérer son mal-être, sa frustration ou son besoin d’attention.  

Les crèches mettent en place des stratégies pour aider tous les enfants à mieux gérer leurs émotions. Mais le rôle des parents est aussi clé : comprendre cette étape permet d’aborder ces situations avec plus de sérénité et d’aider son enfant à y faire face. 

Les griffures en crèche ne sont qu’un petit passage du grand apprentissage de la vie en communauté. Patience, accompagnement et bienveillance aideront les enfants à grandir… sans trop de griffures !

Un grand merci à la professionnelle qui a pris le temps de partager son expérience et son expertise sur ce sujet délicat. Son regard nous permet de mieux comprendre ces situations et de les appréhender avec plus de sérénité. Pour des raisons de confidentialité, nous ne pouvons pas citer son nom, mais nous lui sommes profondément reconnaissants pour son témoignage.

Et vous, parents, avez-vous déjà été confrontés à ce type de situation avec votre enfant ? Comment l’avez-vous vécue ? Et pour les professionnels de la petite enfance, quelles sont vos astuces pour accompagner au mieux les enfants dans cette phase d’apprentissage ?  On attend vos témoignages sur notre compte Instagram @Pipattes

À lire également : Les bienfaits du dessin pour les enfants : entretien avec Pipa